Nous avons affaire de plus en plus souvent aux catastrophes naturelles. Dernièrement les pluies diluviennes se sont abattues sur la Belgique et l’Allemagne. Le bilan est dramatique.

Cela me fait penser au texte que j’ai rédigé l’année dernière sur la pluie.

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Quand il pleut, c’est toute mon enfance qui refait surface, les grandes vacances passées chez mes grands-parents, dans le Morvan.

 

Pluie, j’aime quand je t’entends tomber sur le toit de mon sas d’entrée.

Je t’entends et, instantanément, je fais un grand retour en arrière lorsque je me réfugiais dans le grenier. Lorsque l’orage se mêlait à tes pleurs, j’étais terrifiée.

Sans les éclairs annonciateurs du coup de tonnerre qui allait arriver, j’aurais pu rester des heures à t’écouter.

Devenue adulte, je n’aime toujours pas ton mari, l’orage.

Dis, tu ne pourrais pas divorcer, une bonne fois pour toutes ?

Je te préfère célibataire et douce.

J’aime lorsque tu apportes un peu de fraîcheur après des jours de chaleur étouffante.

J’aime voir l’effet que tu as sur la nature que tu revigores après ton passage.

J’aime sentir ton odeur qui remonte du sol chaud une fois que tu as cessé de tomber.

J’aime bien aussi parfois sauter à pieds joints dans tes flaques, comme le font les enfants.

Mais, Pluie, tu peux aussi te montrer impitoyable.

Tu fais peur lorsque tu te déchaînes et que tu emportes tout sur ton passage.

Pourquoi agis-tu de la sorte ?

Est-ce pour montrer que la Nature n’est pas contente ?

Es-tu sa messagère ? Es-tu sa main vengeresse ?

Pluie aux multiples visages ! J’espère ne jamais avoir à affronter ton courroux.

 

Pluie
Copyright texte et photo : Catherine Esnard